L'Institut du monde arabe, l’Hôpital d’Enfants Margency (HEM) de la Croix-Rouge française et l’artiste plasticienne Caroline Desnoëttes se sont associés pour proposer le projet culturel et artistique NOMADE. Il a bénéficié du soutien financier de l’association Sur un Lit de Couleurs et du groupe Dassault.
Après plusieurs mois de création et quatre escales à l'Institut du monde arabe, 70 jeunes patients de l'Hôpital d'Enfants Margency présentent leurs palanquins, créés à partir de fauteuils roulants et de matériel médical périmé. Au cœur du musée, en regard des vitrines sur le nomadisme, ces créations évoquent l'itinérance de ces artistes en herbe à travers leurs parcours de soin.
Merci à :« NOMADE, pour un dialogue fécond entre les collections de l’IMA et les parcours de soins à l’HEM, ou comment rendre esthétique le fauteuil roulant, support et extension mobile du corps. En visitant les collections de l’IMA, mon regard est attiré par l’ossature en bois d’un palanquin pour voyageur nomade sur dos de dromadaire. En lisant le cartel sur le nomadisme, j’y vois une corrélation avec la vie des jeunes patients à l’Hôpital d’Enfants Margency. Ma lecture croisée révèle l’évidence du nomadisme à l’HEM : la mobilité exige un équipement adapté, à la fois résistant et léger, dont on peut se faire une idée grâce au matériel des patients nomades contemporains. Avec les fauteuils roulants, des jeunes peuvent maîtriser les vastes étendues désertiques de la maladie où aucun sédentaire n’ose s’aventurer. L’ornement soigné de ces objets indique l’importance accordée à leurs fonctions esthétique, symbolique et identitaire. Pour affronter ce désert, des provisions d’eau, de nourriture et de soins sont nécessaires, mais les bagages culturels et spirituels le sont tout autant. C’est cette conception qu’illustre le décor raffiné des équipements roulants nomades censés protéger les jeunes voyageurs de la perte d’orientation, dans tous les sens du terme.
Dans NOMADE, il y a MONDE. À l’HEM, qui accueille des patients venus des quatre coins du monde pour être soignés dans les services de post-greffe, d’oncologie ou de pédiatrie spécialisée, les parcours de vie et parcours de soins sont nomades. Les jeunes entrent souvent à l’hôpital en fauteuil roulant ou sur un brancard, s’adaptant à de nouvelles mobilités qu’impose la maladie. Au même titre que dromadaires et chameaux sont indispensables à la mobilité dans un territoire hostile, le fauteuil roulant permet de se déplacer dans le vaste territoire de la maladie. À l’HEM, nos dromadaires sont des fauteuils roulants ! Nous les avons transformés en palanquins roulants avec du matériel médical périmé pour en faire des œuvres qui soient de véritables manifestes pour une mobilité créative et singulière, dans un souci de développement durable et humain. »
Caroline Desnoëttes